Pour le dernier rendez-vous du DigitalLab en Valais, la question du futur des magasins était au centre de l’attention. La crise sanitaire a renforcé la position de certains acteurs du marché en ligne, tout en faisant ressortir l’importance de la proximité et du contact. Pour en discuter avec les acteurs de l’écosystème valaisan, le directeur de Migros Valais Max Alter a participé à l’événement. Il soulignait les évolutions des habitudes de consommation qui se dirigeaient toujours plus vers une utilisation du numérique, notamment en raison d’une population plus jeune. À partir des années 90 jusqu’à aujourd’hui, en partie en raison du développement des commerces en ligne, le marché du commerce de détail stationnaire n’a fait que régresser. On connait en Suisse une forte éclosion des boutiques en ligne. Cette évolution impacte les emplois. D’une part, un emploi créé dans le commerce online équivaut à deux emplois détruits dans le commerce stationnaire. D’autre part, les qualifications requises pour travailler dans le online sont différentes de celles requises pour travailler dans le commerce stationnaire. Néanmoins, le commerce stationnaire ne semble pas voué à disparaitre pour autant. L’ambiance, les sensations et les émotions qui accompagnent l’expérience de la consommation dans le commerce stationnaire ne semble pas pouvoir être « déplacées » dans la vente online. Mr. Alter concevait plutôt le futur des magasins comme des magasins mixte, intégrant les avantages des deux types de commerce. Selon lui, les deux types de commerces doivent encore évoluer. Le commerce en ligne doit s’améliorer, que ce soit dans la sécurité des paiements, les délais de livraison ou encore la qualité du service après-vente. Le commerce stationnaire pour sa part va améliorer l’expérience client en l’augmentant par l’usage de technologies facilitant la vie du consommateur.trice. In fine, cette évolution des magasins vers une logique combinant ces systèmes pourrait impacter les centres commerciaux qui se réinventeront en intégrant des services et des loisirs (massages, gastronomie, cinéma, physiothérapie, etc.), mais également en créant des espaces de rencontre, des lieux de vie. Ce qui semble évident en conclusion de cette discussion, c’est que les magasins vont être amené à connaitre des changements conséquents. Mais la nature de ces changement reste encore ouverte et reposent sur les choix qui seront fait collectivement. Il reste à ne pas subir ces derniers et à les effectuer en connaissance des enjeux sociaux et éthiques qui les accompagnent.